Antoinette Peské… une découverte !

ANTOINETTE PESKE, vous connaissez ?

Eh bien, moi non plus, je ne connaissais pas…

Ce sont les éditions Libretto qui sauvent (une fois encore !) un auteur de l’oubli, en nous faisant redécouvrir cette magnifique écrivaine dans une réédition de La Boite en os, sortie en début d’année.

Attirée par la couverture et la description au verso, qui promettent tout ce que j’aime, j’ai sauté dessus… et je n’ai pas été déçue !

Ce roman fort singulier raconte une histoire d’amour fou, de passion et de mort, écrite avec une plume fiévreuse et superbement littéraire.

Complètement époustouflée par cette découverte, j’ai enchaîné avec Que cherches-tu ?, le tout premier roman d’Antoinette Peské, écrit lorsqu’elle avait dix-huit ans. Un texte merveilleusement atypique, étrange, d’une grande finesse psychologique.

Enfin, je me suis lancée dans Ici le chemin se perd, et là… Waouh ! Cette lecture fut à la fois une claque et un ravissement ! Dans une vaste fresque historico-géographique, nous errons de Samarcande aux confins de la Mongolie, en compagnie d’un personnage magnifique et énigmatique, tour à tour esclave, pèlerin (et peut-être même ce tsar que tout le monde croit mort), sur près de 500 pages qui nous conduisent des affres de la passion amoureuse la plus extrême aux expériences casi-psychédéliques d’une quête de sens spirituelle.

Vous voulez que je vous dise ? Antoinette Peské, surdouée de l’écriture, n’a pas eu la place qu’elle mérite dans notre panthéon des lettres.

Si vous aimez les textes puissants, parfois difficiles, à la fois classiques et follement inclassables, les personnages torturés et les confins gothico-onirico-spirituels de l’existence humaine, courez la découvrir.

Moi, j’adore !

Chère Antoinette, bienvenue sur l’étagère de mes grandes autrices inspiratrices !

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Les murmures de l’aube

(Article précédemment publié le 26 avril 2021 sur une autre plateforme)

— Réveille-toi.
— Non, dors encore un peu.
— Allez, réveille-toi… Ouvre un œil. Tu as très envie d’ouvrir un œil.
— Pas du tout, tu n’en as absolument pas envie. Tes paupières pèsent sur tes yeux comme une lourde couverture feutrée, et c’est très bien ainsi.
— Mais tu as très envie de voir s’il fait jour, s’il fait beau, la couleur du ciel…
— Regarde comme la couleur du sommeil est belle aussi. Ce chatoiement paisible du néant…
— Tu te demandes quelle heure il est. Six heures ? Sept heures ?
— Il est l’heure qu’il était hier à la même heure, et tu n’empêcheras pas les horloges de tourner.
— Un nouveau jour t’appelle ! Quelle joie d’être en vie !
— Rendors-toi et retourne dans cet espace hors du temps… 
— Lève-toi, mammifère !
— Dors, oursonne humaine ! Niche-toi dans la respiration des draps, tout contre les battements de cœur de l’oreiller…
— Ecoute ! Tu entends les oiseaux qui chantent pour toi dans le jardin. Tu entends les trilles du merle qui t’appelle ?
— Il appelle sa merlette. Cette aube ne te regarde pas.
— Allez, bouge. Une nouvelle journée, c’est un cadeau de possibles qui s’ouvre devant toi. Tu ne veux pas déballer ton cadeau ?
— N’écoute pas. Reste encore un peu dans la magie des limbes, là où se déploient les vrais infinis de l’imaginaire.
— Pense à ta liste de choses à faire. Des pages à écrire, des amis à appeler…
— Ah ah ! Et la déclaration d’impôts à remplir ! Reste au lit, rendors-toi vite, oublie ce dragon !
— Viens cueillir le jour… Il est unique. Et il passe si vite.
— Raison de plus pour savourer l’instant. Cet instant. Cette paresse. C’est la seule vérité.
— …
— …
— Et un bon café chaud ? Avec des tartines… un kiwi… ou des myrtilles…
— Ah non ! Parler à l’estomac, c’est de la triche ! Maintenant, c’est sûr : elle va se lever.

Et je me suis levée.
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Ma plus belle journée d’anniversaire

(Article précédemment publié le 12 avril 2021 sur une autre plateforme)

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire.

Je ferme les yeux.

Je vous ai tous invités… vous, mes amis, mes chers-à-mon-cœur.

Nous allons faire une grande fête dans le jardin, au milieu des fleurs et des chants d’oiseaux. Par chance, il fait très beau. Mes chats, ces froussards, iront se cacher sous les lits ou au sombre des buissons, jusqu’au coucher du soleil, jusqu’au départ des invités, jusqu’au retour silencieux des étoiles.

Je vois les tables dressées, les nappes blanches, les guirlandes de papier crépon tendues comme des ponts de singe entre les branches. Je vois les corbeilles de fruits, les brochettes de crudités et les petits fours sous des cloches en verre – protégés de la gourmandise des jeunes insectes – les salades colorées, les gâteaux…

Et je vous vois arriver les uns après les autres, vos voix joyeuses, puis vos sourires au portail… Accolades. Embrassades. Etincelles des regards. Vos sourires, encore.

Je vous serre dans mes bras. Tous. Chacun. Les uns après les autres.

— Vous avez fait bonne route ? Oh, tu n’aurais pas dû ! Venez, c’est par là que ça se passe…

Pour la plupart, vous êtes venus de loin, vous avez pris des avions et des trains, depuis les différentes escales de mon passé, les villes et les âges où nous nous sommes connus. Certains d’entre vous viennent de plus près, bonheurs tout neufs rencontrés dans la houle des récentes années. D’autres encore, nous ne nous sommes croisés que par écran interposé, mais vous êtes là, à cette fête dans le jardin, parce que vous faites partie de l’étrange tribu qui donne un sens à ma vie – ma raison d’être en ce monde aujourd’hui.

J’entends tinter nos verres, j’entends pétiller le champagne, la bière, la sangria, j’entends vibrer nos cœurs.

Nous rions, nous parlons, nous nous exclamons et… oui !… nous chantons !

Nous nous racontons en plusieurs langues toutes les histoires de l’amitié.

Quelle belle fête. Quel beau printemps pour mon âge aux tons d’automne.

Lentement, la journée s’écoule. Le frais printemps se pare d’ombres fauves. La tombée du jour alanguit les arbres du jardin.

Bientôt vous repartirez… mes amis, mes chers-à-mon-cœur.

J’ouvre les yeux, enveloppée de votre absence, orpheline des fêtes que nous aurions pu partager, des danses que nous aurions pu danser. Mais je veux croire que quelque part, dans un monde sans distance, ce jour fut – grâce à vous – ma plus belle journée d’anniversaire.

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Pour commencer

(Article précédemment publié le 3 avril 2021 sur une autre plateforme)

Ecrire le premier mot.

Faire le premier pas.

La page est blanche, le sable entièrement lisse jusqu’au bout de la plage, sans empreinte, sans volute d’encre nulle part.

(Ô, cette impression qu’il n’y a pas de prédécesseur, d’être la première personne à respirer la première gorgée d’air du monde…, alors qu’en fait tout a déjà été fait et refait, vécu et revécu des milliards et des milliards de fois ! – et que le sable de cette plage se compose des os réduits en poussière de ceux qui y sont passés avant moi…)

Commencer, aujourd’hui, maintenant, dans le vif et bel instant… c’est à la fois dur et excitant. Attrayant et sombrement effrayant.
Le commencement imprime une direction. Sera-t-elle la bonne ?
Le commencement donne le la. Vais-je chanter juste ?
Le commencement donne chair à ce qui n’était qu’ombre vaporeuse et brume d’intention.
Il fait exister. Or l’existence est un pari – souvent mortel, soit dit en passant.

Depuis longtemps je couvais l’intention de commencer ce blog.
Aujourd’hui, je le commence. J’aurai mis neuf mois à me lancer. Le temps d’une gestation.
Mais les gestations sont faites pour prendre fin. Dans quatre lignes, ce prologue sera fini et ce blog commencé.

Premiers pas.
Premiers mots.

Bonjour à toi, lecteur.
Faisons un peu de route ensemble, veux-tu ? Cheminons sur les mots que je trace et découvrons cette plage. A bientôt.

Photo de Taryn Elliott sur Pexels.com

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